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Lectrice, lecteur, c'est depuis le bord d'une piscine paumée au sud de la Corse que je rédige cet article en tapotant sur le clavier tactile de mon aille-phone.
Le soleil cogne, je travaille mon cancer de la peau de dans 15 ans, tout en soignant mon cholestérol aux charcuteries locales.
Le Saucisson est divin, et la Coppa est une tuerie sans nom.
Miam. Slurp.
Lectrice, lecteur, mille excuses : je n'ai guère eu le temps de rédiger des articles ce mois ci.
J'ai été pris par quelques travaux rémunères (un film web pour une agence, bientôt online, la prepa d'un film court pour une association de protection de l'enfance, un clip qui ne s'est pas fait) et les sempiternelles et récurrentes réflexions autour d'une question familière aux habitues de ce blog : "faire ou ne pas faire de cinéma ?".
Aujourd'hui, néanmoins, la question se porterait plutôt du côté du "comment faire" plutôt que de celui de "faire ou ne pas faire". Concrètement, il est plus que temps de se demander comment arriver a destination, même si la route est encore longue.
C'est un peu comme préparer un voyage.
Doit on préférer le train a l'avion ?
Le printemps a l'automne ?
Le sac à dos au4 étoiles ?
Le "all inclusive" à l'improvisation ?
Le Lonely Planet au Guiide du Routard ?
Les Seychelles aux Bahamas ?
Le pour ou le contre ?
J'ai, pour ma part, établi le constat suivant : j'exerce le métier de réalisateur depuis 2 ans. Si j'ai choisi ce métier, c'est pour pouvoir faire du cinéma un jour.
Pas pour les paillettes, pas pour l'égo, pas pour le strass, pas pour avoir ma gueule en couverture de "Studio Ciné Live" (ou pire, en couv' de "Voici"), pas pour l'argent (mais j'accepte volontiers les gros cheques).
J'ai choisi d'essayer de faire du cinéma car de toutres les activités que j'ai essayées de près ou de loin, c'est celle qui m'excite le plus.
Concevoir ( ou adapter) une histoire, l'imaginer visuellement, en préparer la réalistion, tourner, interagir avec les acteurs, les techniciens, donner vie à tout ça au montage, et polir en post production, c'est ça qui me permet de renouveller sans cesse l'émerveillement du gamin que j'ai été et qui vit toujours en moi.
Faire du cinéma.
Paradoxalement, je fais a ce jour tout sauf du cinéma. Des clips, des pubs web (bientôt TV ?), des films institutionnels, potentiellement du live multi cameras, et toujours des court métrages perso.
Pourquoi je ne fais pas de cinéma ?
Pour beaucoup de raisons, sans doute. Je n'ai pas su / pas pu activer les bons réseaux. Pas donné a mes court-métrages le parcours "classique" à savoir envoi systématique et massif aux festivals les plus prestigieux (à tort ou à raison, je me voyais mal balancer mes 48 hour film Projects à Clermont Ferrand). Pas traîné avec les "gens du milieu", ceux qui gravitent à l'intérieur de l'industrie cinématographique française, et par l'intermédiaire desquels j'auraispu me mettre en relation avec des personnes susceptibles de faire avancer ma carrière.
Le chemin de la réussite passe sans doute davantage par une gestion avisée de son réseau que par d'autres chemins. Rien de sale à cela.
C'est simplement comme cela que les choses fonctionnent, et il faut l'accepter,de la même manière qu'on accepte les règles d'un jeu avant d'y jouer.
Bref, voilà tout ce que j'aurais dû faire et que je n'ai pas fait.
J'ai néanmoins activé un réseau qui me permet de travailler de temps à autre en pub, films d'entreprise, clips, et autres films viraux. Rien de solide financièrement parlant toutefois.
Concrètement, il faudrait que je réalise 3 pubs web par mois pour vivre. Pas simple lorsqu'un projet de pub web tombe une fois par trimestre. Pas besoin d'avoir fait Math Spé pour s'apercevoir qu'il y a une couille dans l'équation.
Actuellement, mon activité n'est pas pérenne.
Dès lors, plusieurs choix s'ouvrent à moi :
1 - j'arrête les frais et retopurne bosser dans l'informatique. C'est ce que je m'étais dit avant de me lancer dans la réal. C'était la théorie, à priori.
Dans la pratique et à postériori, c'est impossible. Il m'est inconcevable de retourner mourir d'ennui dans l'informatique après avoir connu l'ivresse des tournages, même les plus petits.
C'est un peu comme aller jouer au poker au Casino de Trouville, après avoir écumé les plus grands casinos de Las Vegas. Et croyez moi, je sais de quoi je parle.
No fucking way.
2 - je commence à travailler "comme il se doit" mon réseau ici, et je pars pour une petite traversée du désert dont j'estime la durée comprise entre 1 an et 120 ans (au moins). Le problème étant qu'avec la fin prochaine de mes allocations chomedu, et l'assèchement programmé (car indexé sur le CAC40) de mes "petites économies", je vais devoir prendre un job alimentaire, ce qui ne me laissera plus trop de temps pour faire du networking.
3 - je pars aux US avec mes "petites économies", me mets en mode "warrior du networking" à base de coups de téléphones chaque jour à des agents, des prodcuteurs, des assistants de producteurs, des amis d'agents, des cousins germains de producteurs, Barack Obama, la terre entière. Je m'incruiste à toutes teufs de mes "contacts", des potes de mes contacts, et des amis des cousins des potes des voisins de mes contacts. Je harcèle sexuellement les frères Weinstein et Joel Silver. Je fais du camping devant les locaux de la Warner Bros. J'organise un "Guerraz thon" sur CBS en prime time. Je kidnappe le CEO de Sony Pictures et ne le restituerai que contre un contrat de travail pour un long métrage avec sortie en salles, etc, etc...
Et je vois ce qui se passe au bout de 3 mois, 6 mois, 1 an.
Au mieux, je suis embauché pour un long avec une sortie ciné (YEEEAAAAHHH BABY !!!)
Au moins mieux, je suis embauché sur une série télé sur une chaien cablée avec diffusion en 2017 sur TF1 (Yeah Baby !)
Au pire, je me prends vent sur vent, me fais insulter sur la place publique, et après quelques semaines de pré-clochardisation dans les ruelles sombres de Beverly Hills, je rentrerai à Paris déçu, mais sans aucun regrets.
Lectrice, lecteur, que penses-tu de tout ça ?
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