Recommander

Référencé par








referencement




Référencé par Blogtrafic

Mardi 27 février 2007 2 27 /02 /Fév /2007 11:55

Le palmarès des Oscars m'a mis de bonne humeur.
Marty Scorsese est enfin récompensé par l'académie, après avoir squatté depuis une trentaine d'années le club fermé des "grands cinéastes américains jamais oscarisés".
Nominé pour "Raging Bull" (1980), "La dernière tentation du Christ" (1988), "Les Affranchis" (1990), "Gangs of New York" (2002), "Aviator"(2004), il était reparti bredouille à chaque fois.
D'une certaine manière, justice est rendue avec ce palmarès 2007, même si on aurait préféré voir Marty remporter la statuette avec "Raging Bull" ou "Les Affranchis" qui, à mon sens, sont des films plus puissants que le néanmoins très réussi "Les infiltrés".
Une excellente nouvelle, au moins aussi bonne que celle de la reformation prochaine des « Rage Against The Machine », l’un de mes groupes favoris entre tous.

Après ce préambule, discutons de la soirée de projection de dimanche soir, au plateau 31 à Gentilly.
 Il s’agit d’un petit théâtre d’une capacité d’environ 40 places (à vue de nez), configuré pour l’occasion en salle de projection.
La sélection hétéroclite nous a permis de découvrir une majorité de courts-métrages en DV ou en HD(V), un court en Super 16 et un court en pixillation.
Parmi les films en sélection, j’ai eu un coup de cœur pour « 2 Songs », court métrage de 24 minutes, réalisé par un certain Orso.
Le synopsis est le suivant : « Il vient découvrir l'Amérique. Elle est photographe à New York. Il est franco-algérien. Elle est juive, catholique et Américaine. Cela aurait pu être l'amour mais ce sera la vie, rien que la vie. »
Ce court a une histoire assez extraordinaire. A l’origine, le réalisateur avait l’appui d’un producteur pour réaliser un court-métrage à New York, en pellicule. Il fait appel à un comédien, Hocine Choutri (vu dans « ni pour ni contre… » de Klapisch), qui arrive de Paris à ses frais. Une fois à New York, le réalisateur apprend à son comédien une mauvaise nouvelle : le producteur les a lâchés. Le film ne se fera pas. Choutri entre alors dans une colère noire, et pose ses conditions au réal.
Il n’a pas traversé l’Atlantique pour rien. Ils vont écrire un film, et ils vont le faire, en mini DV.
Du coup, ce film transpire une étonnante impression d’urgence, compte tenu d’un rythme assez lent (24 minutes où il ne se passe finalement pas énormément de choses). La réalisation caméra à  l’épaule, très près des corps, les dialogues évasifs, New York en toile de fond, tout ça fait penser à du John Cassavetes moderne. Cassavetes d’ailleurs ouvertement référencé par le film, dont une séquence donne à voir plusieurs photos extraites de « Meurtre d’un bookmaker chinois ».
Les problèmes de communication entre les deux personnages de culture différente font directement écho aux antagonismes qui opposent les Etats-Unis à certains pays du Moyen Orient. Lui sait chanter « Over The Rainbow », sa chanson à elle, tandis qu’elle n’arrive pas à prononcer les mots de sa chanson à lui, en arabe. Allégorie intéressante, confirmée par la courte scène où le personnage observe le cratère béant de "ground zero", au milieu du brouhaha New Yorkais.
Côté acting, Hocine Choutri est doté d’une vraie « nature », qui confère spontanément une épaisseur à son personnage. Face à lui, Heather Christian, musicienne et chanteuse de formation, est tout simplement épatante.





Un court-métrage à voir, si vous en avez l’occasion.


« Call me Mike » a récolté pas mal de rires sonores qui m’ont fait plaisir. Je me marre à chaque vision de ce court. Jim y tient particulièrement bien son personnage de mythomane loser.

La projection de « Cluedo Privé » s’est avérée une expérience particulièrement intéressante. Tout d’abord, au niveau de mon rapport à mon travail et dans mon acceptation de celui-ci.
Il y a 1 an ou 2, lorsque « Loop » ou « The Box » étaient projetés en public, je grimaçais systématiquement devant les faux raccords, les cadres faiblards, et toute la ribambelle de problèmes techniques du film. Tout ça me renvoyait à la médiocrité du travail accompli. Même si j’avais conscience que cette médiocrité était une étape normale et nécessaire dans l’évolution de mon travail, et dans mon appropriation progressive des techniques de réalisation, c’était toujours une petite épreuve que de montrer « ça » devant un public.

Avec « Cluedo Privé », j’ai l’impression d’avoir franchi un palier en terme de qualité technique, toutes proportions gardées. Non, ce n’est pas encore un court totalement exempt de faiblesses techniques. Mais oui, c’est quand même un peu mieux fagotté que mes trucs précédents.
Du coup, je n’ai pas ressenti durant la projection la gêne qui était la mienne lors des projections de mes courts précédents.

J’ai été interpellé par autre chose.
Les réactions du public.
Je conçois « Cluedo Privé » comme un huis-clos qui lorgne du côté du film noir, et dont les dialogues sont parfois savoureux.
C’est ce dernier point qui explique sans doute pourquoi les gens se marraient comme des baleines durant la majeure partie de la projection du court.
Là où j’anticipais de la tension, le public pouffait de rire.
Perplexe sur le coup, j’ai réalisé à la réflexion avoir occulté deux éléments :
 
1 – Une fois qu’il est projeté, ton film ne t’appartient plus. Le public se l’approprie, et l’appréhende avec le référentiel culturel et l’état émotionnel qui sont les siens.

2 – Les dialogues sont bien écrits, savoureux, drôles (merci M. Benacquista). A force d’entendre et de réentendre les répliques (depuis le temps que je traîne ce projet, je suis devenu capable de réciter toutes les répliques par cœur, sur les 11mn que dure le film), j’avais perdu conscience de leur potentiel comique.
Un peu comme une blague qu’on vous raconterait tous les jours. Le premier jour, ça fait rigoler. Puis on la connaît, et ça finit très vite par ne plus faire rire du tout.

Ces deux éléments, conjugués à une bonne humeur générale de la salle (l’intervention qui a précédé la projection de « Cluedo Privé », une démonstration assez rigolote de film interactif avait mis le public de bonne humeur), expliquent probablement les réactions inattendues du public.

Quoi qu’il en soit, ça s‘est plutôt bien passé, même si j’aurais aimé pouvoir échanger avec le public après la projection. Quang, l’organisateur, avait prévu une minute de présentation du film par les réalisateurs avant la projection, mais le timing serré empêchait de débattre après visionnage des films.

La bonne nouvelle, c’est que le projet « Cluedo Privé » touche enfin à sa fin. Je suis allé travailler hier soir chez Elie Mittelmann, l’ingénieur du son du film, pour traiter le son des prises que nous avions modifiées avec Jean-Baptiste Brégon, le monteur du film.

Du coup, il ne me reste plus qu’à mixer le son et l’image, changer la musique de début (exit Miles Davis, hello Booster), étalonner les images avec Thomas Garret, et faire un export final, enfin.

J’ vous tiens au jus, comme on dit dans ma banlieue !

 

P.S. Merci à Trankilstef  d'être passé !

Par Gilles Guerraz - Publié dans : Discussions
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Retour à l'accueil

Images aléatoires

Recherche

W3C

  • Flux RSS des articles

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés