J'ai eu l'opportunité de faire hier après midi, une figuration sur le tournage du court métrage "le grand bain", réalisé par mon pote Tom Gargonne.
Il s'agissait d'un court à budget. Je ne connais pas le chiffre exact mais au vu de la logistique (40 personnes dans l'équipe, immense studio de tournage à Montreuil, 2 camions de matériel, grue
Technocrane de 12m de long...), ça ne ressemblait pas à mes tournages du 48H film project...
Le court est tourné essentiellement en RED, avec une séquence en pelloche pour la scène de fin, ainsi que des plans sous marins shootés en Sony EX1. L'acteur principal est Aurélien Recoing.

Tout ça pour dire que ça m'a fait le plus grand bien de
faire le figurant. Je me suis rendu compte de la réalité de cette activité pour le moins ingrate, et j'en tiendrai compte à l'avenir lorsque j'aurai des figurants à gérer.
Déjà, il faut savoir que le figurant arrive généralement en bout de chaîne des préoccupations du réalisateur.
Il pense d'abord à la scène à tourner, aux comédiens, à la lumière, au cadre, écoute les remarques de l'ingénieur du son, asticote le machino pour que le travelling soit parfitement fluide,
redonne des consignes au comédien, discute 10 secondes avec le directeur photo, s'installe devant son combo, dit "moteur....".
Et là, il se rappelle soudain qu'il a une dizaine de figurants à diriger.
Généralement, c'est le 2e assistant réal qui donne les consignes aux figurants. Sauf que là, le 2e assistant réal... faisait lui aussi partie des figurants. Si l'équipe était conséquente, il y
avait une petite pénurie de figurants sur le plateau.
Ensuite, arrive la question fatidique du "suis-je dans le cadre ?".
J'ai été habillé (avec le contraste amusant d'une chemise Yves Saint Laurent assortie d'une cravate Tati) en règle pour m'apercevoir au final qu'on ne voyait que mon épaule et mon bras droit à
l'écran.
La difficulté est alors de continuer à donner le meilleur de soi-même, en sachant pertinemment que la perfomrance inoubliable que nous sommes en train d'accomplir se résumera à l'écran à une main
qui s'agite au dessus d'une demi épaule.
Ingratitude du cadre, fatalité du bord de l'image.
J'ai bien essayé de m'approcher discrètement de la comédienne, mais rien n'y faisait. Dans le meilleur des cas, on verra mon oreille, ce sera ma seule gloire.
Enfin, arrive le soucis du timing. Lorsque tu fais une figu, on te convoque à 9h, tu commences à tourner à 11h30, c'est normal. Et avec un peu de bol, la scène est censée se dérouler en plein
hiver : on t'affuble d'un pullover, d'une écharpe, d'un bérert en laine. Et pendant ce temps là, il fait 35° dans le studio de tournage et 10° de plus sous les spotlights.
C'est pour toutes ces raisons qu'il faut traiter les figurants avec le plus grand respect, la plus grande douceur. Ce fut le cas pour nous hier, l'équipe s'est montrée sympa et disponible, la
régie nous a proposé régulièrement eau, jus de fruits, etc...
En tous cas, j'espère que tu pourras diriger des tournages de ce genre !
Moi aussi, j'espère diriger un jour des gros tournages avec des gros fonds verts ;-)