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Vendredi 26 mai 2006 5 26 /05 /Mai /2006 17:56

Comme je le disais dans l'article précédent, j'ai eu pas mal de boulot sur l'étalonnage de Superman, à commencer par le plan d'ouverture, où l'on voit Superman allongé chez sa psy.
Nous avions choisi de bien éclairer la scène lors du tournage, histoire d'avoir une marge de manoeuvre importante à l'étalonnage.
Alex Ferrari l'expliquait d'ailleurs très bien dans les Bonus du DVD "Broken" : en tournage DV, mieux vaut légèrement suréclairer la scène au tournage, afin d'avoir le maximum de détails possible à l'image, quitte à en escamoter quelques-uns à l'étalonnage.

En images, et pour en revenir à "Superman's shrink" voilà ce que j'ai obtenu au tournage :




Une image très éclairée, avec une ambiance générale trop lumineuse pour évoquer le cabinet d'un psy.
Je me suis alors dit qu'il serait intéressant de diminuer la luminosité, afin d'obtenir une ambiance plus tamisée.
Le hic, c'est qu'en diminuant la luminosité globale du plan, je risquais de nuire à la lisibilité des comédiens, comme c'est le cas ici :






C'est alors que j'ai eu l'idée de passer ma séquence à la moulinette After Effects. J'ai dupliqué les pistes vidéos, et créé des masques sur les parties de l'image que je désirais assombrir. Cette technique me permettait de réduire lisibilité des éléments les moins importants (armoire, tableau, etc...) tout en augmentant les contrastes dans les zones les plus sombres, et créer ainsi une atmosphère plus feutrée, sans pour autant placer les comédiens dans la pénombre :






Pour la scène du banquier, nous avions placé 2 mandarines en sources indirectes : les murs blancs du bureau réfléchissaient la lumière vers Anthony. Pour souligner le côté "diabolique" du banquier, nous avons dissimulé une lampe de bureau derrière l'écran de l'ordinateur, afin qu'elle éclaire Anthony de côté et légèrement par-en dessous :







J'ai ensuite opté pour un étalonnage légèrement "dream-look", en mélangeant 2 filtres Magic Bullet. Le zoom lent est  réalisé numériquement :




J'avais eu une première idée qui était de donner une dominante rouge à la séquence du banquier, histoire de le diaboliser encore un peu plus :


J'ai finalement abandonné cette idée que je trouvais un peu trop exagérée (il ne manquait plus que des flammes dans le fond de l'image pour compléter le tableau...).



Pour les gros plans visages de Superman, j'ai repris l'idée du plan d'ouverture : j'ai placé 2 masques, de part et d'autres du visage de Vincent, dans lesquels j'ai assombri l'image. Et pendant que j'y étais, j'ai appliqué un léger flou gaussien, histoire de donner une impression de profondeur de champ un peu plus réduite que dans la réalité.


 

 

Le flou gaussien n'est pas énorme, mais associé à un contraste plus fort, il permet de contribuer au "masquage" partiel du radiateur pas très esthétique dans l'arrière plan.





Pour le plan Mickey Mouse, j'avais initialement prévu d'ajouter des répliques, genre Mickey en train de traiter Superman de tous les noms (en anglais, avec un fort accent américain), tout en lui soutirant de l'argent. En même temps, on aurait eu des sous-titres du style : "Coucou copain Clark, sois gentil et donne moi tes billes, je vais faire un super cadeau à Minnie pour son anniversaire".
Ça me faisait bien rigoler, mais ça ralentissait beaucoup le rythme alors j'ai préféré laisser tomber.

Pour le look, j'ai mélangé 2 filtres Magic Bullet, ajouté un peu de blur, du grain, et une "vignette" qui assombrit légèrement les extremités de l'image.

 
     








Arrive ensuite la séquence des "Bad Boys" de Bercy. En tâtonnant avec Magic Bullet, j'ai fini par me décider pour un look un peu cramé, délavé et contrasté à la fois :

 

 

On remarquera au passage que ma camera produit toujours une image un peu zarbi en zoom maximal, avec quelques aberrations chromatiques, doublé d'un étrange flou que n'aurait pas renié David Hamilton...





Lex Luthor, je l'imaginais classe et menaçant à la fois, au look plus proche de Gene Hackman 1978 (prestance ostentatoire, limite show-off) que de Kevin Spacey 2006 (au look un poil trop buisnessman, dans les quelques images que j'ai vues de lui).

Le premier insert a été filmé sur fond noir, et éclairé par en dessous, avec une manda.
J'ai changé les teintes en post-prod, désaturé pas mal, refroidi les couleurs et ajouté un peu de grain, afin de me rapprocher, dans l'idée,  de l'aspect seventies (histoire d'en remettre une couche sur le look Gene Hackman) :

 

 



Pour le plan final, j'ai appliqué le même système de masque que précédemment pour assombrir certaines parties de l'image (la bibliothèque derrière luthor), en plus d'un masque mobile autour de la batte de base ball, à laquelle j'ai appliqué 3 effets de "glow" qui permettent d'avoir une lueur verdâtre sur le visage et le costume de Lex luthor :



 

 



Voilou voilou.

Le travail le plus long a été de créer les masques mobiles autour de Vincent, sur les gros plans visage. Comme il bouge assez souvent la tête, il fallait que les masques suivent assez précisément, sous peine de flouter des zones censées rester nettes. C'est un travail toujours fastidieux, mais le résultat peut en valoir la peine, à condition d'être prêt à faire preuve d'un peu de patience...

Par Gilles Guerraz - Publié dans : Montage
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