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Bienvenue sur le blog  d'un jeune réalisateur...

Réflexions, récits de tournages, errances, questionnements et réalisations.

 

Mardi 2 mai 2006 2 02 /05 /2006 20:41
Ne laissons pas planer le suspense plus longtemps, "Loop" ne fait pas partie du Palmarès de ce 4e festival du film web amateur d'Oloron Sainte Marie.

Le grand gagnant de la soirée est "Super Heros Blues", un film d'animation très rigolo, et très bien musicalisé (musiques originales s'il vous plaît) par le très sympathique Roberto Ceriani.

Le "Prix Pyrénées Atlantiques 100% numérique" est décerné à Humanity Song, de Christophe Rouen.

Le "Prix de la création" est attribué au "Dernier Psaume" de Smoothless.

Quant au "Prix du public", c'est "La Station", de Bertrand Barrouilhet et Camille Parra qui l'emporte.


Récompense ou pas, je suis ravi d'avoir participé à ce festival riche en évènements et en rencontres de qualité, en plus d'être très bien organisé (un grand bravo à Matt et Isa). En 2 mots comme en 100 : Très réussi.


Vendredi 28 avril
Les festivités commencent dès l'après midi, où Philippe Masson de Canal + initiait une ribambelle d'enfants (+ de 200 d'après la Police) à la magie des trucages numériques. A l'issue de l'atelier, on discute quelques minutes avec P. masson, aussi accessible que sympathique.

 
Je fais le kakou entre Philippe Masson et Chloé Micout


Dans la foulée, je fais la rencontre, en chair et en os, de Smoothless, alias Guillaume Pierret, réalisateur du "Dernier Psaume", qui passe régulièrement sur les pages de ce site. Il était accompagné de Florent Plisson, monteur de son état, qui a bossé sur la post-production du "Dernier Psaume".
Les équipes arrivent ensuite peu à peu, tels les membres de la PAF Enterprise, auteurs des "Fleurs du Mâle", Rodolphe Bonnet, réalisateur de "Je sais qui tu es" avec Emmanuel Bonami, ou encore Guillaume Tauveron, réalisateur de "Katremillecinsenvinteudeu", pour ne citer qu'eux.

A 17h30, une première projection "Hors Compétition" nous donne l'occasion de découvrir la salle de projection de l'espace Jéliote, très spacieuse, d'une capacité de + de 400 places, et au confort digne d'un multiplex UGC, si ce n'est une accoustique parfois quelque peu caverneuse.

19h30 : tout le monde part dîner au resto du coin. Les repas et l'hébergement sont pris en charge à 100% par le festival : nous sommes invités au sens plein du terme, c'est très agréable.
A table, nous faisons la connaissance de Mathilde Blottière, journaliste à Télérama, qui prépare un papier sur les cyber-réalisateurs amateurs que nous sommes. On discute également avec Camille Parra et Bertrand Barrouilhet, auteurs de "La Station", qui a fait marrer toute la salle lors de la projection.

 
Monsieur Poulpe alias JolyPoulpy



A 21h, l'excellent Monsieur Poulpe, maître de cérémonie à l'humour caustique, déclare le 4e festival du film web d'Oloron officiellement ouvert. Il en profite pour lancer la projection "Hors sélection", qui rassemble quelques perles, comme la toute dernière production d'Antoine Revel Mouroz, alias Armz, dont je parlais pas plus tard qu'hier.
On remarque également le nouveau court-métrage de Liam "minimum Overdrive" Engle, intitulé "jeune fille". Aux antipodes de son court précédent, aussi survolté que surdécoupé (+ de 900 plans en 13 minutes de film, pour mémoire), "Jeune Fille" est une tranche de le vie de 2 adolescentes, qui revêt un aspect quasi documentaire face à la camera de Liam Engle. Un projet casse-gueule, parceque ambitieux, qui tranche avec les parodies qu'on a l'habitude de voir dans les festivals de court-métrages.
Remarqués également étaient "Bis" d'Arnaud Gaudelle, récemment récompensé lors de la dernière session des "GoldenW", le très drôle "les cours Laurent", d'Edouard Maire, le glaçant "Pensées Mortelles", au travail formel intéressant, de Jacky Chavaudret, ainsi qu'un mix des filmistes, avec des films de Jeremy, Also, Frog and Rosbif, Jim et Tom.

A l'issue de la projection, Mr Poulpe lance un nouvel évènement, dont l'idée a été suggérée par Chloé Micout, membre du Jury, et gagnante de l'édition précédente du festival avec "Sous Surveillance", sont court métrage multi-primé.
L'évènement en question est un "speed-filming". Il s'agit d'écrire, de tourner de monter et de post-produire une vidéo de 2mn, en l'espace de quelques heures.
Parmi les différents sujets qui sont mélangés dans un chapeau, c'est la "main innocente" de Chloé Micout qui tire le sujet du speed filming : "Papa Ours est en colère".

Personne ne se plaint réellement, car ça aurait pu être pire, comme "Non loin de là, John portait un Béret ", ou "J'ai comme une envie de sauce béarnaise ", ou encore "j'ai vu mourir grand mère devant Derrick à la télé".
Après quelques verres au bar (le Jurançon cartonne), tout le monde file se coucher.



Les affiches des films en compétition



Samedi 29 avril
La journée commence tôt, avec une projection dès 9h30 du mat', dans laquelle on retrouve bon nombre de courts qui circulent sur le web, tels "Intus et Incute" de Mickaël Cohen, "IRIS" de Romain Clément, le making Of de "Minimum Overdrive" ainsi qu'une deuxième session "remix" des filmistes.

Vers 10h30, je surprends Guillaume Tauveron en train de griffonner des idées sur un petit carnet.
Il a trouvé un pitch pour participer au "speed filming". il y est question d'un ours mal léché, qui se gratte le dos sur 2 ou 3 arbres, avant d'aller dérouiller un promeneur qui a le malheur de pisser sur l'un des arbres en question.
Avec Guillaume Pierret, alias Smoothless, nous lui proposons de faire un film en commun. Il accepte immédiatement, et commence à me toiser, moi et ma polaire marron, d'un air aussi bizarre qu'insistant.
Très vite, je comprends qu'il vient de trouver le Papa Ours du film.

Roberto Ceriano nous rejoint, et nous entamons alors un brainstorming bordélique, interrompu par une courte conférence de presse, au cours de laquelle les différents réalisateurs présentent leur film aux journalistes locaux.
Nous déjeunons ensuite sur place, tout en cherchant des idées pour notre film.
L'idée du type qui pisse est abandonnée au profit d'une mise en abyme pas super originale, mais qui nous donnera l'occasion de filmer une petite scène de poursuite, ce qui est toujours très excitant.
A 14h, on décide de se lancer, après avoir taxé un camescope à Matt, co-organisateur du festival. Guillaume et Roberto m'aident à coller mes oreilles d'Ours (2 morceaux de carton découpés à la hâte), au scotch de déménageur.
Je fais ce que je veux avec mes cheveux.


 
l'atelier collage d'oreilles d'ours est animé par Guillaume Tauveron et Roberto Ceriani


En imaginant un travelling circulaire autour d'une table, on décide de récupérer un caddie sur le parking du super marché en face. Smoothless s'installe dans le caddie, que je pousse précautionneusement à l'aide de Florent Plisson. 

Mieux qu'une Dolly : le caddie du Champion


Côté acting, Guillaume Tauveron jouera le chasseur d'ours, accompagné par Roberto Ceriani, Camille Parra et Xavier Landy, sur le point d'animer une conférence autour du thème "réaliser des films en utilisant les jeux vidéo".
On débauche également Rodolphe "je sais qui tu es" Bonnet, qui nous gratifie d'une pure cascade, du genre de celle qui permettent de gratter un camescope à Video Gag.


 
Réflexion collective, avec Smoothless et Guillaume Tauveron


Les 1ers travelling réalisés, je passe de l'autre côté de la camera pour assumer mon rôle d'ours.
Les enfants m'interpellent dans la rue ("Hey l'ours héééééééééééé"), les lycéennes me sourient,... A bientôt 32 ans, j'ai enfin trouvé la clé du succès : porter des oreilles d'ours en carton collées aux cheveux avec du gros scotch marron de déménageur.
Gros effet garanti.

Le tournage s'organise, les rôles se répartissent, et on se marre comme des baleines. C'est la première fois que je participe à un tournage qui ne réunit QUE des réalisateurs. Certaines personnes nous avaient même prédit les pires ennuis (visions divergentes, conflits d'egos, etc...).
Au final, tout se déroule à merveille. Des idées fusent toutes les 30 secondes, mais assez paradoxalement, nous pervenons à nous entendre à merveille.


Du travail d'équipe...


Chacun trouve son rôle : Smoothless au cadre, Guillaume et moi jouons dans le film, Roberto et Florent (en + des photos de tournage) nous assistent, rebondissant sur nos idées, et en amenant de nouvelles.
Nous sommes interrompus vers 15h, par le tournage parallèle d'OliveSimon qui cherche des figurants pour filmer une manif'.
Tout le monde participe, tout cela est très ludique, on se croirait dans une colonie de vacances pour adultes jamais vraiment sortis de l'enfance.
J'adore.

 
Poursuite caméra embarquée


On redevient ensuite sérieux quelques instants, pour reprendre le fil du tournage et refaire les cons de plus belle sur notre tournage à nous. On enchaîne les plans de poursuite sur un pont, en "caméra embarquée". Je pousse des grognements graves, tandis que que Guillaume me course comme un dératé.
On s'arrête ensuite 2mn, le temps de serrer la paluche d'Oscar "Star Ac'" Sisto, qui me félicite de mes belles oreilles.


 
Ma, vous mé reconnaissez ? C'est moi, c'est Oscar Sisto !



Gros effet garanti, vous disais-je plus haut.

Le tournage reprend sur les chapeaux de roue, l'heure tourne, Smoothless shoote à l'arrache, Guillaume assure la continuité du "scenario", alors qu'à trop bien vouloir faire l'ours en colère, je ne cesse de postillonner copieusement sur mon partenaire, qui résiste stoïquement.

Je le clame bien haut : Guillaume Tauveron mérite, sous vos applaudissements nourris,  la Palme d'Or de la résistance au postillonnage surabondant et  intensif.

Nous terminons le tournage vers 16h30, et filons en salle de montage. Le festival a mis une dizaine de PC à la disposition des équipes. Certaines machines sont sont sous Linux, d'autres sous XP sont équipés de Pinnacle Studio, d'autres de Premiere Pro.
On lutte un peu pour récupérer un poste équipé de Premiere Pro 1.5 (+ After Effects 6.5 s'il vous plaît) et on commence à dérusher aussi sec.


 
ça dérushe sec !



Il est 17h.
Le film doit être rendu à 19h30. Après avoir dérushé en compagnie de mes acolytes, je laisse la main à Florent, qui fait vite valoir ses qualités de monteur.
Nous profitions d'un micro qui traîne sur une perche pour nous isoler dans les WC (la pièce la plus silencieuse du site, lorsque Mr poulpe n'y est pas) et y faire quelques bruitages à la bouche (grognements d'ours, bruits de vitesse, bruits de coups, etc...).

L'heure avance, le montage s'éternise, malgré nos efforts. A 19h30, tout le monde part dîner, à part quelques retardataires dont nous faisons évidemment partie.
Avec Florent, nous restons seuls devant la machine pour terminer le montage, insérer les bruitages et, pendant qu'on y est, utiliser quelques rushes amusants pour faire un générique de fin sommaire mais punchy.

A 20h30, la vidéo est prête, nos ventres gargouillent de concert. On met une bonne grosse claque à un paquet de chips qui passait par là, tandis que que le public, nombreux, fait déjà la queue pour assister à la compétition officielle.

Nous rentrons dans la salle quelques minutes avant que Mr Poulpe n'introduise les membres du jury, parmi lesquels Philippe Masson, Chloé Micout, Laurent Sarfati (auteur de la "Minute Blonde" sur Canal +), le maire d'Oloron, et Oscar Sisto de la Star Ac'.

Laurent Sarfati au micro



A 21h30, la projection commence enfin.
La salle est remplie.

C'est "Loop" qui ouvre le bal. Comme d'hab', je suis tendu comme un string sous-dimensionné.

Je suis d'autant plus tendu que contrairement à d'autres projections où le public se marrait dès les 1ères répliques de Vincent, l'Espace Jeliote ne mouffte pas, ce qui n'est jamais très bon signe.

A 6mn de film, je frôle la crise d'apoplexie : l'image se fige l'espace de 5 ou 6 secondes, qui me semblent être autant de minutes.
La projection reprend ensuite son cours jusqu'au générique de fin, qui bugge lui aussi par endroits.

Sur le coup, j'ai envie de prendre une pelle, creuser un gros trou et m'y enterrer. C'est vraiment la poisse, d'autant plus que les fims étaient lus non pas à partir de DVD, mais directement depuis le disque dur d'un ordinateur, pour justement limiter les risques de bugs.

Les aléas du direct...

Je mets quelques minutes à relativiser l'incident, ce qui ne m'empêche pas de faire un discours à 20 centimes de Couronnes Tchèques, où je parle davantage du budget rikiki et des faux raccords (genre "bonjour, je m'appelle Gilles je prends une pelle et je m'enterre") que du film en lui même, du travail sur l'image DV, des trucages pour les clones, des 140 heures de galère au montage, etc...

Pffffffffffffffffff....



 
Et un discours à 2 balles, un !


Tous les réalisateurs viennent présenter leur film après la projection de celui-ci, le plus souvent avec humilité et humour, ce qui donne autant envie de voter pour les gens que pour leur film. Et ce qui me donne envie de me demander pourquoi je n'ai fait que parler des faux raccords de mon *%$@# de film.

Je retrouve peu à peu ma bonne humeur en revisionnant avec plaisir "l'inconnue du Banc Public", puis "Dernier Psaume" de Smoothless, beaucoup plus impressionnant sur grand écran que sur le moniteur de mon ordi.
La salle rit de bon coeur aux gags de "Humanity Song", puis à ceux de "Super heros Blues".
Suivent ensuite "Les fleurs du Mâle", "Katremillecinsenvintedeu", court métrage de SF assez ambitieux dans sa narration, et qui prouve qu'on peut faire quelquechose avec 2 décors et pas de costumes.

"La Station" fait ensuite rire toute la salle, ce qui est bien mérité, tandis que que "je sais qui tu es" fait sursauter le public à 2 ou 3 reprises : Rodolphe Bonnet sait ménager ses effets.

Finalement, personne d'autre n'est victime du "freeze bug" qui a frappé Loop, malgré mes prières vaudous et tous les cure-dents plantés dans une vieille poupée chourrée à un gamin pleurnichard dans la salle.





23h30, le jury part délibérer...

Délibérations du Jury


...alors que nous nous ruons tous au bar. 1/4 d'heure plus tard débute la projection de la session de "speed filming". Il ya beaucoup de films très drôles, même si, comme tout le monde, on a toujours un petit faible pour son propre film, qu'on s'est tellement marrés à co-réaliser.
D'ailleurs, je ne vous ferai pas languir davantage, tous les films de la session sont en ligne ICI.
Le notre s'appelle "Papa Ours était en colère".

Une fois la projection terminée, le jury revient sur scène pour présenter son Palmarès (voir au début de cet article).
D'ailleurs, le palmarès, même la presse locale en parle.




Les vainqueurs viennent recevoir leur trophée sous les applaudissements du public. Après la cérémonie, je rejoins Guillaume Tauveron et Rodolphe Bonnet pour fonder le "club-des-réalisateurs-bredouilles-qui-torchent-des-caisses-de-Jurançon-pour-oublier". On trinque avec la PAFE, sans oublier pour autant de féliciter les vainqueurs.

La soirée se poursuit jusque tard dans la nuit. On se remate quelques "Papa Ours", en vidant quelques verres de ce bon Jurançon.
Direction dodo vers 3 ou 4 h du mat' et réveil dans le gaz le dimanche matin vers 9h. Il faut libérer la chambre d'hôtel pour 10H.

On retrouve quelques participants qui font bronzette devant l'espace Jeliote, on discute musique de fims avec Roberto Ceriani, et Laurent Sarfati nous parle du long métrage qu'il a écrit, et dont le début du tournage est prévu pour le mois de juin prochain.
Ensuite, les gens se dispersent peu à peu, prennent congé en notant N° de téléphone et adresses email, ça commence à sentir la fin.

Finalement, tout le monde se rentre, vanné mais ravi d'avoir passé un excellent week end à Oloron, avec tout plein de gens sympas, humbles et créatifs à la fois.

Moi je dis : il ne me reste plus qu'à faire une parodie de chanson humanitaire avec des playmobils qui se bastonnent sévère. Ça risque de plaire au Jury de la prochaine édition  !  ;-)

Merci encore à Matt, Isa, et à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à ce 4e Festival du Film Web d'Oloron Sainte Marie.
J'espère pouvoir revenir un jour.

Jeliote by Night




(Merci à Florent et à Ozwel pour les photos et merci à Jeum de m'avoir signalé quelques fautes d'ortographe persistantes...)

Par Gilles Guerraz - Publié dans : Reportages
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