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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /Juin /2008 06:55

Au mois d'août 2005, faireounepasfairedecinema.com est né d'un questionnement.
A l'époque où j'ai décidé de créer le blog, j'avais tourné deux court-métrages en mini-DV, plus ou moins "à l'arrache". Je ne m'épanouissais pas particulièrement dans mon boulot, et commençais à me poser quelques questions sur mon futur.
Parmi lesquelles, "Faire ou ne pas faire de cinema ?".


 

Faire ou ne pas faire de cinéma, ça voulait dire quoi ?

Le plaisir que j'avais entrevu dans la conception, la réalisation et le montage de mes vidéos, m'avait ennivré au point d'en arriver à la conclusion que, dans un monde parfait, je serais le plus heureux des hommes si je parvenais un jour à vivre de l'activité gratifiante et surexcitante qu'est la réalisation.

Mais pour cela, il me fallait d'abord apprendre, progresser, envisager des débouchés viables avant de pouvoir penser quitter mon job dans l'informatique. Pas simple...

L'idée a ensuite fait lentement son chemin, au gré de mes différentes réalisations et mes autres expériences audiovisuelles.

J'ai fait le perchman chez des copains, fait le cadre chez d'autres, monté des images que je n'avais pas tourné, et à chaque fois, je constatais que finalement, c'était la réalisation qui me procurait le plus grand plaisir. J'ai donc persévéré, essayé de tâter du clip vidéo, de la fausse pub, du sketch TV... Avec la certitude de plus en plus forte que je voulais devenir réalisateur.
En faire mon métier.
Changer de voie.

Parallèlement, les sélections en festival, les quelques récompenses, les diffusions TV, mes aventures avec les Filmistes, tous ces élements ont fait grandir en moi la confiance en ma capacité d'être considéré en tant que réalisateur. Je crois qu'il est très important de se construire une identité de réalisateur en étant perçu comme tel par autrui.
Comment se lancer dans un projet ambitieux si l'on vous considère comme un aimable bricoleur vidéo du dimanche ?

Tout ça m'a fait beaucoup réfléchir de longs mois durant, tergiverser, solliloquer, peser les "pour" et les "contre", avant d'en arriver à une conclusion.

Ma conclusion, c'est que j'ai le sentiment que, pour faire simple, les microcosmes artistiques se composent de deux types de personnes : ceux qui rêvent leur vie, et ceux qui essayent de la vivre.
Je fais le choix d'essayer de me positionner dans la 2e catégorie.

C'est pourquoi j'ai décidé de quitter mon travail dans l'informatique pour me consacrer pleinement à mon activité de réalisateur. Je veux essayer de me donner la chance de faire ce que j'ai réellement envie de faire dans la vie.

sortir de la matrice je dois


  
C'est un choix réfléchi.

Je ne pars pas sur un coup de tête.
J'ai un peu préparé le terrain :
- mon employeur accepte de me licencier
- j'ai établi une liste d'environ 200 sociétés de production de pubs, réparties sur Paris, New York, Londres, Toronto, Vancouver, Sydney, Tokyo et le reste du monde.
- dès la rentrée, je commence à démarcher ces sociétés de production

J'ai choisi de me diriger vers la pub car c'est à mes yeux le domaine qui semble offrir les meilleures perspectives de réussite à court terme.
La "réussite", c'est quoi ?
C'est atteindre mon objectif : professionnaliser mon activité de réalisateur, et me donner la possibilité d'en vivre en 2 - 3 années maximum.
J'ai envie de travailler, de progresser, de rencontrer des gens et de gagner ma vie...

 J'ai toujours envie de faire un jour du cinéma, mais je pense que j'ai des tonnes de choses à apprendre avant de m'attaquer à un projet de long-métrage. Du haut de ma courte expérience, monter un projet de long-métrage s'apparenterait à gravir l'Anapurna en tongs. C'est très difficile, très long et très glissant.


Les tongs c'est très glissant, surtout quand t'es bourré à la Heineken

 
    

J'ai besoin de "m'équiper", de me préparer à cette éventualité.
Pour cela, la pub et le clip devraient vraisemblablement constituer une bonne école.

A partir de ce soir, je ne dirai plus : "je suis informaticien" ou " je suis consultant", mais "je suis réalisateur". Ça n'a l'air de rien, mais ça me met dans un état d'euphorie difficilement descriptible.
C'est la sensation de toucher du doigt un rêve qui m'habite depuis plusieurs années déjà.
C'est rendre accessible l'inacessible.

Euphorie ou pas, il me faut faire un effort d'objectivité et envisager un très mauvais scénario : Je peux tout à fait échouer dans mon entreprise, ne pas trouver de boulot satisfaisant dans la réalisation et finir par être obligé de retourner dans l'informatique. C'est une éventualité que je détesterai sans aucun doute, mais j'y suis préparé psychologiquement.
Ça fait partie de "la règle du jeu".
Mais contrairement au Baron Pierre de Coubertin, je ne pense pas que "l'important soit de participer".
Ce qui est vraiment important, c'est gagner.
Atteindre les objectifs que l'on se fixe.
Rien d'autre.

Ceci dit, si je me plante, je n'aurai jamais l'amertume de ne jamais avoir tenté ma chance...

Ce que je cherche à éviter par dessus-tout c'est me retourner sur ma vie lorsque j'aurai 75 ans, et n'y voir que des regrets.

Le contenu de ce blog prend un virage à partir d'aujourd'hui.
Il ne s'agira plus uniquement des activités d'un "réalisateur en herbe", mais des expériences d'un réalisateur
en quête de professionalisation.
J'aimerai raconter sur ce blog mes démarches, mes rendez-vous, mes espoirs, mes attentes, mes déceptions et mes expériences.

Et j'espère que ça va être excitant !

Par Gilz - Publié dans : Discussions
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