Le tournage de ma vraie-fausse pub a bien eu lieu hier, dans les studios Bercy.
Avec un créneau horaire de 13h30 à 17h, je pensais être large.
Que nenni mon ami.
On a fini pile poil dans les temps.
Pourquoi ?
J'avais loué dans la matinée une "dolly Goblin" chez un loueur professionnel.
Au téléphone, on m'avait dit qu'il n'y avait plus de chariot sur rails disponible ce jour là.
"Pas grave, je prendrai la dolly à pneus", me suis-je dit, confiant. La dolly était livrée dans une énorme valise métallique, qui pesait 2 ou 3 ânes morts. En l'ouvrant pour vérifier si rien ne
manquait, j'aurais du brancher mon cerveau sur la bonne fréquence, remarquer des roues creuses typiques des roues "sur rails" et demander au monsieur :
"Dites, vous n'auriez pas des rails en stock, au cas où ?".
Le gars m'aurait répondu par l'affirmative, et j'aurais pris les rails avec joie, d'autant plus qu'ils sont fournis GRATUITEMENT.
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Amandine Maugy, concentrée
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Au lieu de ça, j'ai refermé la valise en métal, et filé au studio de tournage.
J'ai retrouvé là-bas l'équipe de tournage déjà sur les starting blocks, à l'exception des acteurs qui soit arrivés peu de temps après.
"13h30, c'est cool... On a le temps..."
Tu parles Charles.
Le temps d'installer toutes les lumières et de faire des tests avec la dolly, nous avons commencer à tourner à 15h20.
Pourquoi avons nous commencer à tourner si tardivement ?
Ma pub se compose de deux plans très simples sur papier, beaucoup plus compliqués dans la réalité.
Ça commence avec un plan large, l'acteur est vu en pieds. Imaginez un travelling à allure constante, qui part de la valeur de plan initiale, qui se rapproche constamment de l'acteur pour terminer
DANS la pupille de son oeil.
"Simple comme bonjour", me direz vous.
Ben non.
Pas simple du tout.
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Julien Beramis, en
grande forme
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Mettre la caméra sur un trépied et zoomer à fond ne sufit pas.
Le zoom n'est pas assez puissant et, dans le meilleur des cas, on termine par un plan visage.
Pas assez proche, mon fils.
La solution apparaît alors : il faut combiner la zoom avec un travelling avant.
Chouette idée.
Nous l'avons mise en application.
La partie difficile de la mise en place consiste à synchroniser la vitesse du zoom avec celle du travelling.
Les vitesses de zoom du camescope n'étant pas paramétrables à l'infini, c'est donc au machiniste d'adapter son allure.
Ce n'est pas évident, mais c'est réalisable.
La tuile, c'est que le sol de ce satané studio est aussi lisse qu'un champ de carottes OGM.
Du coup, la dolly remuait copieusement, malgré la concentration sans faille de Fred au cadre et malgré mes efforts pour pousser l'engin avec le plus grand doigté possible.
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Les soucis se lisent sur le visage de Vincent
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Après une dizaine de plans Parkinsoniens, la pendule murale affichant 16h15, je me suis retrouvé acculé, contraint de sortir une phrase que j'ai déjà prononcé bien trop souvent :
"J'arrangerai ça en post-prod".
Elle a bon dos la post-prod....
On a bouclé à 16h40, rendu le studio à 17h comme convenu, j'ai dérushé hier soir et oui, ça remue pas mal.
Un emmerdement n'arrivant jamais seul, mon plug-in magique de stabilisation de vidéo ne fonctionne pas avec la dernière version de mon logiciel de montage.
Je me retrouve à faire de la stabilisation de mouvement (dites du "motion tracking" pour faire branché) sur After Effects. Pour l'instant, ça ne marche pas terrible-terrible...
Y'a des sautes de mouvement, et ça me floute l'image par endroits, c'est assez énervant.
Si j'avais plus de cheveux, je me les arracherais probablement.
Voilà comment j'ai appris, dans la douleur, à TOUJOURS utiliser des rails pour mes futurs travellings, lorsque je ne suis pas certain à 100% que le sol du lieu de tournage est aussi lisse que la
patinoire municipale de mon quartier.
Je retiendrai la leçon, mais pour l'instant, ça me fait plutôt ch....
Je retourne à ma post-prod...
Photos : Vincent Meyer
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