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L'interview du jour est consacrée à Nicolas Douste, jeune réalisateur adepte du film d'action qui déménage sec.
Chez lui, pas de longs dialogues ni de plans fixes de plusieurs minutes. 2 - 3 types enragés, quelques flingues et hop ! C'est parti pour du concentré d'action bien speed, péchue et démonstrative.
Enoncé de la sorte, ça pourrait sembler anecdotique..
Sur le web fleurissent tous les mois des ersatz de films d'action mal filmés, joués, truqués et montés.
Mais chez Nicolas Douste, on ne joue pas dans la même cour.
Son court métrage le plus récent, "IRE", m'a bluffé grâce à son montage très nerveux, un choix de cadres bien senti, quelques effets visuels de derrière les fagots, et des effets sonores qui n'ont pas grand chose à envier aux grosses prods US.
Son mérite est d'autant plus grand, que ce court a été tourné avec un petit camescope DV bas de gamme, et assez peu de matériel de manière globale.
Du pur système D qui fonctionne : de tout petits moyens pour une belle efficacité.
Salut Nicolas, peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Salut !
Ben je m'appelle Nicolas DOUSTE, j'ai plus de 20 ans (mais moins de 30) bien que mes courts me vendent comme un adolescent pré pubère.
J'aime le cinéma de divertissement. Je déteste aller en boite de nuit. Et j'adore la Vodka Dragibus !!
Comment t'es tu lancé dans la réalisation ?
Par accident, comme beaucoup de monde dans le milieu amateur. Un caméscope traînait sur une table un jour. On n'avait rien à faire ce jour là. On s'est amusés.
Comme beaucoup j'ai commencé par des parodies, fausses pubs et autres trucs fendards. Puis petit à petit ce sont les films « plus sérieux » qui m'ont attiré (les guillemets c'est parce que le sérieux est comparé ici au genre Action, ce qui n'est pas très "sérieux").
Finalement je n'ai plus fait que des courts-métrages tournés vers l'action. Ce qui est assez contraignant d'un point de vue de préparation, parce que mes acteurs sont en Bretagne et moi je suis sur Aix-en-Provence. Du coup tous nos films ont été fait pendant les vacances scolaires (j'étais encore à l'école en ce temps là), sans préparation, sans scénario (juste la base). C'était pour s'amuser !
Combien t'as coûté ton premier court-métrage ?
Au moins tout ça ! Peut-être un peu plus, mais je suis pas loin. Non, ça ne m'a rien coûté. Petit film amateur, dans une forêt, avec des flingues en plastique.
Le film amateur qui nous a coûté le plus cher est « VS évolution » : 300 Euros ! Wouaw !!
Dans le processus de « fabrication » d?un film, quelle étape te semble la plus difficile ?
Je crois que deux étapes vont de paires et sont difficiles, c'est le scénario et la préparation.
Je ne suis pas producteur pour deux ronds. Préparer un tournage est au dessus de mes forces. Malheureusement avec un gros scénario, une bonne histoire, si on veut faire le film il faut de la préparation. Or, comme je l'ai dit, avec mes acteurs on avait le temps juste de tourner le film. Et comme je trouve ridicule de faire « mal » un film sous prétexte qu'on a une bonne histoire (qui se retrouve finalement martyrisée), je me suis toujours rabattu sur des scénarios light, « en fonction de », faciles à mettre en place.
Mais même ça ce n'est pas évident, sinon je ne tournerais pas un film tous les deux ans !
De toute façon maintenant je n'ai plus le choix. Faire mieux à chaque fois quand on est que 4, il arrive un moment où on est bloqué. Le prochain je devrais le préparer. Mais si je veux le préparer il faut un scénario intéressant. Je ne monterai pas une équipe avec une histoire où 2 gars se tapent pendant 5 minutes.
Sur le plateau, comment décides-tu de placer ta camera à tel ou tel endroit ?
Alors ça je n'en sais rien. Je sais ce que je veux, mais pourquoi ça c'est une autre histoire. Inconsciemment (et consciemment aussi), on est toujours inspiré par d'autres films, par d'autres images.
Mais de toute façon à la base je gravite autour de la règle des 180. Je m'appuie dessus ! Mais si la question c'était de savoir si j'avais des story-boards, alors c'est non. Le découpage est souvent dans ma tête. Et je joue beaucoup avec les acteurs. Comme beaucoup de choses sont improvisées sur le tournage (dans les combats), je vais chercher à l'instinct ce qui me semble le plus lisible ou le plus percutant. Je prépare beaucoup mon montage lors du tournage.
Généralement, comment diriges-tu tes comédiens ?
Je les frappe !!
Malheureusement, c'est presque vrai. Je crois que je suis assez tyrannique sur le tournage. Je déteste perdre du temps. Je râle tout le temps. Je gueule !
Mais ils n'ont pas l'air de m'en vouloir puisqu'ils veulent remettre le couvert chaque fois.
Cela dit, on fait des films d'action amateur. La question de la direction d'acteur ne se pose pas trop !
Quand ça ne passe pas, je n'insiste pas.
Ce n'est pas quelque chose qui me déplait (de diriger un acteur), mais pour le moment, dans ce que j'ai fait, je les ai surtout dirigés afin d'optimiser mon découpage et mon rythme.
Montes-tu toi même tes réalisations ? Si oui, quel matériel utilises-tu ?
Oui, un seul projet mis à part, c'est toujours moi qui ai monté mes réalisations.
J'utilise Première.
Quel impact la démocratisation du matériel vidéo numérique et l'explosion d'Internet ont sur ton travail ?
En fait, ce qui a le plus d'impact sur moi, c'est l'effet de la démocratisation du matériel vidéo numérique chez les autres.
Je m'explique : Je n'ai Internet haut débit que depuis un an à peu près. Jusqu'alors, ce n'est pas moi qui m'occupais de mettre mes films en ligne, je ne savais pas ce qui se faisait à côté et j'apprenais au fur et à mesure ce qu'il advenait des films, si ça marchait, les bonnes et mauvaises critiques, etc... je n'étais pas trop dedans quoi.
Et puis un jour, j'ai enfin pu commencer à télécharger des courts.
Et là... Et là, j'ai compris bien des choses. Je crois que la démocratisation du matériel vidéo numérique a décrédibilisé le court-métrage amateur d'une façon générale. Je pense qu'à cause de ça, un court de genre comme un film d'action, ne peut pas être crédible. Il est considéré comme du travail d'adolescent pré-pubère.
Ca fait deux ans que je n'ai pas fait un film, et pour cause. Mon prochain sera irrémédiablement différent de mes autres. On ne voit plus sur le net que des films avec des gars qui se battent au sabre, qui se foutent sur la gueule, qui envoient des boules de feu, qui se courent après, des copies de Matrix et autres clichés. Et quand ce n'est pas un film dit de genre, c'est un mauvais trip entre pote.
Alors oui c'est cool, c'est bien, aujourd'hui tout le monde peut faire un film, et celui qui touche sa bille peu même arriver à sortir du lot, mais pout un petit nombre de bons court métrages, il y a une quantité astronomique de merdes (n'ayons pas peur des mots) qui ont décrédibilisé le court-métrage amateur.
J'ai plus appris en voyant toute une flopé de mauvais court qu'en lisant les critiques de mes films !!!
Quels sont les cinéastes dont tu admires le travail ?
Comme beaucoup d'adolescents pré-pubères, j'adore le travail de Michael Bay. Ses films ne sont pas géants (sauf ROCK), mais j'adore sont découpage, son image, son rythme (mais bon, même là ses deux derniers m'ont quand même laissé un goût amer).
Sinon, c'est Tony Scott, Robert Zemeckis, John McTiernan. J'aime beaucoup la mise en scène des acteurs chez Steven Soderbergh.
Si j'arrive à convaincre les frères Weinstein de financer ton prochain long métrage, à concurrence de 5 Millions d'Euros, quel film réaliserais-tu ?
Une comédie policière, un mélange entre « Bad Boys » et « La Cité de la Peur ».
« Y a-t-il un flic pour sauver le Président » version Clip. Beaucoup d'humour et beaucoup de rythme !!
Si ton film financé par les frères Weinstein cartonne partout dans le monde et t'ouvre les portes d'un projet à très gros budget (un chiffre à 7 ou 8 zéros), quel film réaliserais-tu ?
J'hésite entre une véritable adaptation d'Arsène Lupin (ce serait le livre intitulé « 813 ») ou un film fantastique se passant dans un futur pré-apocalyptique mettant en scène la mort de Dieu.
As-tu des projets en cours actuellement ? Peux-tu en parler ?
Oui, d'une manière plus personnelle, je viens de finir d'écrire un court-métrage que je vais tenter d?amener à terme (un film donc différent de ce que j'ai fait jusque là). Par contre ce sera un film préparé cette fois.
Terminé les films à 4 en 3 jours !
Et d'une manière plus professionnelle, ben non, je n'ai rien à dire.
Quels conseils donnerais-tu à des vidéastes qui voudraient se lancer ?
Holala, je ne prétend pas avoir à donner de conseils... Je dirai juste de savoir faire la part des choses entre un trip entre potes et un un "film".
Le meilleur conseil que je peux donner, c'est de faire des films qui soient crédibles. Ne faites pas un film parce que vous avez envie de le faire, faites-le parce que vous pouvez ! J'entends par là qu'à 15 ans personne ne croira que vous êtes un flic, et que sa propre chambre avec les posters de matrix ça ne fera jamais un bon décors ! Crédibilité !!
Merci Nicolas !
Retrouvez les productions de Nicolas Douste sur son site, http://questelprod.free.fr/questel/
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