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L'interviewé du jour se nomme Clovis Libert. J'ai particulièrement apprécié son court métrage intitulé "Entre Nous", qui présente d'indéniables qualités de réalisation.
Sa dernière réalisation, "Warehouse", en cours de post-production, met en scène une fête entre amis qui vire au drame collectif. Les parti-pris sont de tourner en temps réel (10h de tournage non-stop) et de laisser les comédiens improviser les dialogues, d'après le profil psychologique des personnages qu'ils incarnent.
Si se postulat fait penser à "Time Code" de Mike Figgis (sans les écrans splittés), la réalisation dépourvue d'effet semble lorgner du côté du Dogme.
Une démarche plutôt intéressante dans le micrososme de la réalisation amateure.
Salut Clovis, peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Je m'appelle Clvois Libert, je suis réalisateur, actuellement inscrit a l'université de la Sorbonne nouvelle en 4eme année de cinéma.
Comment t’es tu lancé dans la réalisation ?
Il y a 2 ans j'ai participé a la réalisation d'un tournage étudiant avec une association de ma fac (Arkham) composé de jeunes talents etudiants. Assez vite, J'ai eu l'ambition de réaliser un film et c'est tout naturellement qu'ils m'ont épaulé dans les démarches. A l'époque on tournait avec une Sony TRV-950 et des eclairages de jardin.
Combien t’as coûté ton premier court-métrage ?
Pas loin de 1000 Euros. Mais je dois avouer qu'on l'a tourné plusieurs fois... et que le maquillage a coûté incroyablement cher.... J'ai appris quelque chose ce jour là : faites des devis et ne payez QUE ce qui etait
prévu, a moins que vous ne donniez votre accord pour des frais supplémentaires en cours de tournage...
Dans le processus de « fabrication » d’un film, quelle étape te semble la plus difficile ?
Tout dépend du type de film. Assurément, pour un documentaire je dirais le montage... Pour une fiction, je penserais plutot à la préparation avec les acteurs. L'acte de création d'un personnage est l'étape clef du film. Mais d'une manière générale, je dirais que le montage est LA partie la plus importante au cinema, tous styles confondus.
Sur le plateau, comment décides-tu de placer ta camera à tel ou tel endroit ?
Il me faut decider du plateau, puis voir les personnages évoluer dedans. Je fais mes plans dans la tête et enfin je les retranscris sur papier sous forme de plans au sol et de petites vignette. Ensuite, je laisse reposer et je relis mes notes et mes schémas. Si je les comprend, c'est qu'ils sont bons, sinon tout est à refaire. L'essentiel, c'est que je garde l'energie de base qui m'a guidée vers tel ou tel plan. Il faut en plus de la cohérence narrative obtenir une cohérence technique et sans faux raccords, j'y suis tres sensible.
Généralement, comment diriges-tu tes comédiens ?
J'invente une petite histoire avec le comédien, l'histoire de la vie du personnage. J'essaye en prépa de faire ressentir au comédien l'énergie du personnage, si cela passe c'est gagné. Sinon, je me pose sur le plateau comme un marionnettiste qui guide de manière physique ses comédiens, c'est a dire que je ne demande plus de travail émotionel aux acteurs, je me contente de donner les formes, donner le change...
Montes-tu toi même tes réalisations ? Si oui, quel matériel utilises-tu ?
Je monte toujours avec quelqu'un. En ce moment, je monte sur Final cut pro HD sur un G5 bi processeur.
Quel impact la démocratisation du matériel vidéo numérique et l’explosion d’Internet ont sur ton travail ?
C'est bien simple le numérique m'a tout simplement permis de faire du cinema..
Sans lui, je serais surement critique de film... Le numerique est une façon de travailler que j'apprécie tout particulièrement, il n'y a pas de stress du nombre de mètres de pellicule restants pour faire le film. Il y a l'instantanéité du resultat, la facilité de montage etc...
Il ne faut cependant pas tomber dans les travers du numerique : j'ai tourné avec un réalisateur qui regardait les scenes de la journée le soir et, si quelquechose lui déplaisait, decidait de tout retourner le lendemain (j'etais 1er assistant :S)
Je peux vous dire qu'à mon poste, on tire la gueule dans ces moments là.
La bulle nternet m'a perms de rentrer en contact avec des dizaines de personnes passionnées tout comme moi par le cinema, et m'a permis de trouver du travail dans ce que j'aime. Par ailleurs, l'echange des informations est important, tant au niveau artistique qu'au niveau technique.
Quels sont les cinéastes dont tu admires le travail ?
Hitchcock, Jean Renoir, David Fincher.
Si j’arrive à convaincre les frères Weinstein de financer ton prochain long métrage, à concurrence de 5 Millions d’Euros, quel film réaliserais-tu ?
Pour 5 millions : une comedie sociale dans une multinationnale (entre "Sex in the City" et "The Full Monty")
Si ton film financé par les frères Weinstein cartonne partout dans le monde et t’ouvre les portes d’un projet à très gros budget (un chiffre à 7 ou 8 zéros), quel film réaliserais-tu ?
Pour 100 millions : Un film d'action fantastique dans un univers comptemporain mythologique.
As-tu des projets en cours actuellement ? Peux-tu en parler ?
J'ai un film: "warehouse.", qui recentre l'acteur au milieu du dispositif filmique. Plus d'infos sur mon site (http://libertclovis.online.fr rubrique "warehouse.")
Merci Clovis !
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Belle interview (une fois de plus). 1000 pour son premier. Pour un court amateur, c'est du "gros budget"... ;-)