T
out bien considéré le bonheur tient parfois à peu de choses : un studio de tournage, une équipe compétente et motivée, un peu de matériel professionnel et un
planning tenu, la voilà la recette !
Le tournage du clip « Guerre et Paix » s’est très bien déroulé. Résumé de la journée du 26 janvier dernier.
Je suis arrivé aux studios Bercy vers 9h du matin.
Vincent Viellard
Baron était déjà dans les parages, ainsi que Stéphanie Waflard, la maquilleuse de Digital Diesel. Chad, le régisseur adjoint, est arrivé peu après avec une camionette remplie de matériel.
Dolly, éclairages, pieds, camera,… c'était Noël avec un mois de retard.
Du coup, le déchargement a pris un bon quart d’heure.
Nous avons ensuite installé les lumières avec Vincent, aidés par Romain, mon assistant réalisateur (c'est la première fois de ma vie que j'avais un assistant réal sur
un tournage.
Bonheur.
Félicité).
L’objectif était d’éclairer le fond vert de manière uniforme, et de placer des lumières au plafond, de manière à éclairer « en douche » les chanteurs.
Le groupe Anti-Palu est arrivé à 9h30, accompagné de Donnie, le manager du groupe.
Très sympas, tous originaires de Côte d’Ivoire, ils sortent un album au mois d’avril prochain. Ils ont déjà gagné les KORA (victoires de la musique africaines), à l’instar des Magic System, bien
connus sous nos contrées.
Pendant que les Anti-Palu s’installent et prennent un café, nous continuons de déballer le matériel et constatons avec effroi que le loueur de la camera nous a refilé
des batteries Sony avec une camera Panasonic (HVX200).
Glups !
Nous l’insultons copieusement avant de l’appeler (c’est généralement préférable dans cet ordre là).
Il s'excuse platement et nous envoie un coursier, avant l’arrivée duquel nous terminons d’installer les lumières.
Vers 11h15, le tournage commence enfin.
Etant donné qu’il y a une quarantaine de plans à tourner et que nous devons avoir débarrassé le plancher pour 18h pétantes, nous ne sommes pas en avance…
Nous commençons avec l’un des chanteurs du groupe, Mathieu, qui fait des vocalises assez époustouflantes. Il nous fera d’ailleurs la démonstration a cappella de
sa belle voix un peu plus tard.
Impressionnant.
Nous enchainons avec Patrice, qui « slamme » au début du morceau.
Il est doté d' une voix grave, lourde qui appuie chaque phrase qu'il prononce.
Nous enchaînons.
On varie les valeurs de plans, et on réalise quelques travellings lents à la dolly.
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Vincent mesure la lumière...
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Le truc frustrant lorsqu’on filme devant un fond vert et que l’on n’a pas un découpage hyper précis (comme dans les derniers « Star Wars » ou dans « 300 »), c’est qu’on finit
par se demander pourquoi on fait des travellings.
Vu que les personnages seront détourés quoi qu’il arrive, quelle différence entre un travelling et un zoom ?
Nous enchaînons ensuite les plans « slam » qui passent bien mieux cette fois-ci, et des plans sur le groupe au complet.
Pendant ce temps-là, François le régisseur s’active sur la tambouille. De manière implicite, nous n’organisons pas de pause déjeuner. Vincent et moi grignotons un
sandwich au dessus de la caméra, en continuant à shooter.
Les chanteurs prennent le temps de se restaurer entre les prises.
Poison, le rappeur, arrive ensuite, accompagné de quelques amis. Très sympa et pro, il se met rapidement dans le bain et, après une ou deux prises de chauffe, il
envoie la gomme pour les prises suivantes.
Ça le fait plutôt pas mal, on varie les valeurs de plan, Vincent joue un peu avec le cadre, ça rend pas mal du tout sur le moniteur de contrôle.
On enchaîne ensuite les plans avec les figurants. Quelques plans de visages qui nous donneront des options au montage (merci à Samy et Laurent qui sont venus montrer
leur trombine et leurs pectoraux à la caméra).
Comme les figurants sont blacks à 90%, je me dis qu’il serait pas mal de filmer un figurant blanc. Après tout, le message « stop la guerre » est
universel…
J’en parle autour de moi et tout le monde me répond : « t’a qu’à y aller toi ! » .
« Heuuuu, ouais… t’es sûr qu’on a personne ? »
Je suis finalement contraint de payer de ma personne et de passer moi aussi devant la caméra. On verra au montage si je garde la prise ou si je coupe pour
blanchir un figurant africain, façon Michael Jackson.
Nous terminons la journée avec les plans sur un enfant soldat. Oman, 9 ans, a bien du mal à tenir la lourde Kalachnikov dans ses bras fins, comme il a parfois du mal à conserver son regard dans
l’objectif de la caméra. Même s’il se montre très coopératif, je me surprends à imaginer la galère d’un tournage avec beaucoup d’enfants…
Le tournage aura finalement eu des vertus pédagogiques : Oman a fini par savoir manipuler sa kalachnikov comme un chef.
Le bilan du tournage est très positif.
Nous avons shooté la totalité des plans prévus, et nous l’avons fait dans la durée impartie (on a bouclé à 17h05). L’équipe a été performante, et le client (Donnie)
est parti avec une mine satisfaite à la fin de la journée.
Reste maintenant à examiner les rushes et à visionner les images d’archive que le groupe veut incruster dans le décor de fond, et on commencera à avoir une petite
idée du produit fini.
L'avantage à tourner en studio avec une lumière qui ne varie pas d'un plan à l'autre, est qu'on peut tourner énormément de plans en peu de temps. Cet état de fait était renforcé par le fait qu'on
ne prenait pas de son sur le tournage (playback oblige), et qu'on n'avait jamais à perdre 3mn à faire le silence plateau avant chaque prise. Il suffisait d'envoyer le son et c'était réglé.
Bref, des conditions de productivité optimales.
Un grand merci à Digital Diesel pour m’avoir confié ce projet, j’espère que d’autres arriveront très vite.
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