Partager l'article ! Grosse Fatigue…: Tous les ans c’est pareil. On se réunit dans la joie, la bonne humeur et la surexcitation collective. On est ravi ...
Tous les ans c’est pareil.
On se réunit dans la joie, la bonne humeur et la surexcitation collective. On est ravis de se retrouver, et on est toujours très fortement stimulés par l’obligation d’abattre autant de boulot en si peu de temps.
Résumé d’un week end éreintant.
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| Contrairement aux apparences, Réalisateur handicapé n'est pas un métier de tout repos |
Vendredi soir.
Avec Julien David et Thomas Garret, nous nous retrouvons au Delaville Café, vers Bonne Nouvelle, pour le tirage au sort.
Julien tire « Buddy Movie ».
On est mi figue mi raison, mais on se dit vite que c’est pas si mal comparé à « Drame » (comment ne pas plomber lourdement l’atmosphère ?), « Film de Vacances » (dur d’éviter la parodie) ou encore « Comédie Musicale » (dur d’éviter le ridicule, donc la parodie).
Julien et moi filons ensuite brainstormer chez moi. Vincent, en concert Faster Disco, nous rejoindra plus tard.
Très vite, nous avons une idée aux frontières du fantastique. Il est question d’inspecteurs du temps juste, qui rackettent les antiquaires du Marché de Saint Ouen. Le scénario n’est encore qu’embryonnaire, mais il y a un univers particulier très intéressant.
Vincent arrive ensuite avec une idée.
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C'est deux potes flics dont l’un se pose des questions très personnelles. Il demande de l’aide à son meilleur pote.
Vaudeville, comédie, dialogues punchy et jeu d’acteur aux petits oignons, voilà le cocktail que Vincent propose.
Réticents au début, Julien et moi nous laissons peu à peu convaincre par Vincent, qui nous fait bien marrer en nous jouant les scènes qu’il a imaginées.
Nous décidons donc de partir là-dessus et appelons Anthony Le Foll pour compléter le casting. Le fourbe est sur répondeur toute la soirée, à un point où on finit par se persuader qu'i est parti à l’étranger.
Le matin venu, une ultime conversation avec le répondeur d’Anthony achève de nous placer dans l’embarras.
Il est 8h30 du matin, on tourne dans 1h30, et il nous manque l’un des deux rôles principaux.
Galère.
Nouvelle galère : Sylvaine, notre maquilleuse attitrée, partie chercher le matériel lumière et la dolly est obligée de faire un choix. Tout ne rentrera pas dans la 106 qu’elle a empruntée à sa sœur.
La mort dans l’âme, je lui demande d’abandonner la dolly.
J’ai définitivement un très mauvais karma avec ces engins à roulette et en profite pour lancer une question très sérieuse à tous les voyants extra-lucides qui liront ces lignes : « Quand ferais-je des travellings dignes de ce nom, virgule, bordel, point d’interrogation ? »
Nous avons tous rendez-vous chez Thomas Garret, du côté de Réaumur Sebastopol, non loin du cœur de Paris. On y entrepose tout le matériel de tournage, créant ainsi un joyeux bordel pas vraiment organisé.
Nous sommes rejoints par Julian (prononcer « djulie-anne »), jeune étudiant en école de ciné à Paris. J’ai connu Julian par l’intermédiaire d’une jeune kiné stagiaire au centre de rééducation que je fréquente actuellement pour requinquer mon genou.
Julian était motivé pour participer à un tournage, peu importe les tâches qu’on lui confierait.
Du coup, il aide à porter le matos, il tient le réflecteur pour déboucher les ombres et tourne quelques plans.
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| Julian, couteau suisse de circonstance |
10h30, coup de théâtre.
Anthony nous rappelle enfin. Il vient d’écouter ses messages, il s’excuse de ne pas avoir allumé son téléphone la soirée précédente et rapplique en scooter.
On commence à tourner à 11h du matin, dans le square Emile Chautemps, en face de chez Thomas. Il fait super beau, c’est un coup de chance vu le temps dégueulasse qu’on a eu toute la semaine.
On enchaîne dans les rues avoisinantes jusqu’à 14h, heure de la pause déjeuner.
Célia a fait des courses et nous a préparé de chouettes petits sandwiches.
Nous déjeunons tranquillement dans le parc et reprenons à 15h.
Tout en préparant les lumières pour une scène de dialogue tournée chez Thomas Garret, nous réécrivons la fin à plusieurs reprises. Aucune idée ne nous convient réellement, mais il nous faut avancer.
Nous tournons la scène de dialogues en 3 – 4 prises, à 2 caméras.
Le temps perdu au dérushage sera gagné au montage.
Avec 2 caméras, pas besoin de bidouiller des heures pour trouver des raccords cohérents entre 2 prises. Il suffit de prendre une prise bonne pour les 2 comédiens, et tout est raccord, c’est magique.
Nous tournons dans la foulée 3 autres séquences dans la chambre et le salon de Thomas.
A 20h30, les scènes sont dans la boîte.
Il nous faut encore aller chez Célia, dans le 18e arrondissement, tourner la scène du début.
Julien prend congé et file chez lui dérusher les 2 premières cassettes DV.
Nous déplaçons tout le matériel chez Célia et jetons un coup d’œil sur le match de rugby pendant que Célia passe au maquillage.
Nous commençons à tourner vers 22h. Il s’agit d’une scène de lit entre Vincent et Célia. La nuisette de Célia détourne notre attention du rugby, nous commençons à tourner.
Vers 22h40, nous arrêtons de shooter.
La France a vaincu la Nouvelle Zélande, et les voisins se sont mis à brailler si fort que leurs beuglements couvrent les dialogues de nos comédiens.
Le truc bien avec le rugby, c’est que l’hystérie collective qu’il suscite est beaucoup moins persistante qu’avec le foot.
20 minutes plus tard, le calme était revenu.
S’il s’était agit de coupe de monde de football, il nous aurait fallu attendre 4 heures du matin pour pouvoir continuer à tourner dans des conditions acceptables…
Tous les plans sont dans la boite à 23h45.
Exténué, je repasse chez moi (j’habite à 5mn de chez Célia) pour manger un morceau, prendre une douche et me poser un peu.
Vers 1h30, je file chez Julien David, qui s’active sur le montage depuis 23h.
J’arrive chez lui vers 2h.
Nous regardons le montage ensemble, il continue sur sa lancée, tant et si bien que je finis par aller dormir un peu, vers 3h45.
A 7h, je me réveille dans une forme relativement convenable.
Accroché à la souris comme une huître à un rocher, Julien ne me lâchera le mulot qu’à 9h du matin.
Le fourbe.
Il a monté l’ensemble du film, et le résultat est plutôt satisfaisant.
Sauf que le montage fait plus de 9 minutes.
Il nous faut revenir à 7 minutes.
Je remonte tout le début, change une scène, ajoute de la musique (Merci à French Kiss pour la zique !), travaille le rythme sur 2 ou 3 séquences et coupe dans le vif du sujet pour raccourcir la durée.
J’arrive à une version de 7mn30, avec les génériques de début et de fin.
Parti se coucher vers 10h30, Julien émerge vers midi et s’attelle à créer le générique de fin.
Vers 13h, nous avons une bonne engueulade au sujet du montage. Il n’aime pas mes modifs, je n’aime pas ce qu’il avait proposé, nous appelons Vincent pour trancher.
Entre temps, Julien remonte le début du film, d’une manière très efficace. J’accepte ses changements.
Notre dilemme suivant porte sur la séquence où Vincent traîne dans le parc, sur une musique mélancolique. Julien trouve cette séquence vomitive, moi je la trouve drôle si l’on considère l’ensemble du film.
Notre dernier désaccord concerne un problème de raccord, dans la scène dans la bagnole.
J’ai choisi une prise ou Anthony est très bon, mais qui raccorde mal avec le plan suivant (la voiture garée derrière eux a purement et simplement disparu entre les 2 plans).
Julien préfère une prise ou Anthony est un peu « en-dessous » mais où la prise raccorde parfaitement.
S’il est une chose que j’ai apprise durant le montage de « Cluedo Privé », c’est que je préfère (et de très loin) privilégier la qualité du jeu à la qualité technique de la prise.
En clair, mieux vaut une perte de focus, un faux raccord, ou un éclairage un poil faiblard sur un plan, plutôt qu’un acteur qui n’est pas à son maximum.
Vincent arrive et me donne raison sur nos deux désaccords (en échange d’un chèque de 500 euros, il est vrai).
En chemin, il a trouvé le titre du film. Ce sera « Lionel est Cash », vague jeu de mot évoquant « Tango et Cash », le buddy movie avec Stallone et Kurt Russell. Ce titre nous
fait bien marrer Julien et moi.
On valide.
Elie Mittelmann arrive ensuite pour s’occuper du son. Il a besoin d’un export OMF pour retravailler le son sur Pro Tools. Le problème, c’est qu’on a monté sur Adobe Premiere Pro, qui, contrairement à Final Cut Pro, ne sait pas faire d’exports OMF.
Un coup de Google nous apprend qu’After Effects 6.5 sait le faire.
Manque de bol, Julien possède la version 6.0.
En ronchonnant quelque peu, Elie part donc avec un simple export WAV sous le bras.
Pendant ce temps, j’entreprends l’étalonnage du film.
Je diminue la saturation, je « colle » un peu les noirs, j’homogénéise la colorimétrie entre les plans, j’assombrit un poil les plans trop clairs et je baisse le niveau de rouge.
Je termine vers 17h30.
Vers 18h10, Elie revient avec le son.
Nous l’intégrons au montage et lançons l’export en croisant doigts, orteils et cheveux.
18h45, export terminé, Elie et Julien partent en moto en direction du lieu de rdv, le sempiternel Delaville Café.
Il rendent la K7 à 19h15, soit ¼ d’heure avant la deadline.
Nombreuses sont les équipes à rendre leur film hors délai, une quinzaine au total.
Au final, nous sommes moins euphorique que la fois précédente.
Avec « Ekolopathe », nous savions que nous tenions quelque chose d’assez percutant.
« Lionel est cash » est une comédie un peu trash, à la réalisation finalement un peu plan plan. Ce qui était inévitable, vu la part qu’occupent les dialogues dans ce film.
D’un autre côté, le jeu des acteurs est mis en valeur.
Vincent Londez et Anthony Le Foll jouent juste, et sont les véritables garants de la qualité des scènes.
Un film drôle à mon goût, mais pas le film de la décennie non plus.
La meilleure chose à faire étant de juger par vous-même :
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