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Une fois n’est pas coutume, j’ai opté pour un récit plus ou moins en forme de roman photo. Ça s’intitule : « 3 jours à Cannes » et ça commence mercredi matin à 6h30 du mat’.
Nous avions rendez-vous à la Porte de Clignancourt, Vincent Londez, moi-même et un adepte du covoiturage, un jeune étudiant en architecture qui répond au prénom de Tassos.
Le temps d’arriver ¼ d’heure à la bourre et de charger à mort la 206 série limitée « stock car » de Vincent, et nous décollons à 7h.
Pourquoi série limitée « stock car » me demanderez-vous ?
Parce qu’il s’agit de la voiture de la maman de Vincent, et que la voiture garde les stigmates de l’énergie que met la maman de Vincent à faire des créneaux.
A peu près la même énergie qu’emploie Jean-Claude Van Damme à distribuer des pains dans ses films, si vous voyez ce que je veux dire.
Du coup, la petite Peugeot a presque autant de cicatrices que la créature du docteur Victor Frankenstein, mais tant qu’elle roule, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
A la sortie de Paris, les nuages menacent.
Mais nous prenons la route dans la sérénité et la bonne humeur.
Mais...
...cette belle sérénité commence soudain à se fissurer lorsque Vincent remarque quelque chose de bizarre.
Le voyant de batterie set met à clignoter de manière erratique. On appelle Peugeot Assistance qui nous conseille de nous arrêter IMMEDIATEMENT (mouais). Au pire, on doit risquer une panne de
batterie, pas de quoi s’affoler non plus.
Après quelques kilomètres sous la pluie, nous finissons par trouver un garage Peugeot, perdu dans la Pampa. Entre temps, le voyant de batterie s’était éteint.
Le garagiste examine le véhicule, teste la charge de la batterie, vérifie que l’alternateur fonctionne correctement, fait monter la bagnole sur des vérins hydrauliques et la regarde par en
dessous. Il ne trouve rien d’anormal et nous dit qu’on peut repartir sans problème.
Ce que nous faisons, alors que la pluie redouble d'intensité.
Maudite soit l'incompétence du garagiste : une dizaine de kilomètres plus tard, le voyant de batterie s’affole à nouveau, jusqu’à rester rouge quasiment sans interruption.
Coût de l’opération : 1h10 de main d’œuvre (et pas 1h, vive le business) et 240 Euros TTC.
Nous laissons la voiture au mécanicien...
...et profitons du temps libre pour aller flâner dans la concession Mercedes d’à côté…
1h15 plus tard, nous reprenons la route. Ça bouchonne pas mal entre Lyon et Valence.
En même temps, nous arrivons dans une zone où le mistral est actif : les nuages gris s’écartent, le soleil perce.
Gloire éternelle au sud de la France…
On a beau ne pas s’arrêter trop souvent ni trop longtemps, la route est interminable. Les 950km entre Paris et Cannes se font sentir.
Vince en a marre...
et il reste encore du chemin...
Nous arrivons finalement à Cannes vers 21h, après 14h ( !!) de voyage.
Immédiatement, nous avons l’impression de débarquer dans une énorme soirée mondaine à ciel ouvert. Des femmes sexy déambulent en robe de soirée dans les rues de la ville, les smokings et les
noeuds papillon sont légion, ça sent déjà les paillettes et les bulles de champagne. Au volant de notre 206 cabossée, nous assumons pleinement notre statut de « rebelle – crevard » en
allant squatter le Kebab du coin.
Après avoir déposé Tassos à Cannes, nous filons à Nice, où nous sommes logés chez Dan et Nicole, des amis de la famille de Vincent. Dan est américain, Nicole est française, ils sont d’anciens chercheurs (et professeurs) en physique. Ils sont très sympas et possèdent une très chouette maison sur les hauteurs de Cannes, dans laquelle nous sommes très bien reçus.
Jeudi, nous décidons d’arriver assez tôt à Cannes, histoire de voir « comment ça se passe ». Pour Vincent comme pour moi, c’est notre première fois au Festival de Cannes.
Nous retrouvons Agathe Riedinger, co-réalisatrice de « virgules et beurre salé », très remarqué lors de l’édition 2006 du 48h Film Project.
Cette fois ci, elle a co-réalisé à nouveau avec son compère Quentin Blondel, et signé « Poulet sur Canapé », au sujet duquel elle nous prévient qu’il a l’image la plus bruitée de
toute la sélection.
Nous discutons à une terrasse de café, lorsque j’aperçois, à 3 mètres de nous, 3 personnes installées autour d’un ordinateur portable dont l’écran est tourné vers moi. Des images sont
diffusées. La colorimétrie est très esthétique, le montage assure, tout ça a tellement de gueule que je ne peux m’empêcher d’engager la conversation avec l’un des 3 individus. Nous commençons à
converser en anglais, mais quelque chose dans son accent me dit qu’il doit être aussi français que moi. Bingo !
En français, il m’explique qu’il est venu présenter 10 minutes d’un projet de long métrage intitulé « Eyes Fix », tourné en DVC PRO HD (Panasonic HVX 200) avec un kit mini 35 P+S
Technik associé à une série d’optique Zeiss. Et comme le chef op’ n’était manifestement pas manchot, tout ceci explique pourquoi les images sont aussi impressionnantes.
Et dans la série « le monde est tout petit », j’ai retrouvé sur leur site la trace de Cristobal Diaz, réalisateur plutôt doué de « Effusion de sang », qui avait remporté une
compétition dans laquelle « Loop » concourait, au début de l’année 2006.
Fulldawa est une prod à suivre de près…
Retour au festival.
Nous faisons connaissance avec Emilie et Charlotte, des amies d'Agathe. Emilie est réalisatrice de films d'animation et vient de se faire acheter son film de fin d'études par Canal +.
Toutes nos félicites.
Charlotte est graphiste-dessinatrice pour des ouvrages pour enfants.
On retrouve également des potes de Julien David, parmi lesquels Pat Marcel, le réalisateur de l'émission "Les Films faits à la maison" sur Canal, qu'on avait pu apercevoir dans "Migraine". Avec Julien, ils s'occupent du Festival du cinéma brut à Mouans-Sartoux, à quelques kilomètres de Cannes.
Comme Vincent reste à Cannes pendant toute la durée du festival, il a pu négocier une véritable accréditation, avec sa photo et tout et tout. La classe.
Une vraie accrédit’, ça ressemble à ça :
La salle est agréable et toute petite : 35 places. Le genre de salle de home cinéma qu’on aimerait avoir chez soi un jour (rappel pour plus tard : jouer au loto).
Le prix du meilleur scénario est attribué à « Fumer Tue » de Benoît Lelièvre. Benoît était le seul à avoir pensé à
sous-titrer ses dialogues. Bien vu !
Ensuite, j’ai enfin eu le plaisir de voir Vincent Londez remporter un prix d’interprétation dans l’un de mes films, et ça, ça fait très plaisir. Depuis le temps que je sais combien Vincent est
doué, ce n’est que justice de voir son talent récompensé. Et comme j’en discutais avec lui récemment, sa composition dans « Ekolopathe » est très « payante » : il y est
très impressionnant car très violent, très viscéral, et très loin des autres choses qu’on a déjà pu voir de lui en film ou en vidéo.
Je suis également ravi de recevoir conjointement avec mon pote Julien David le prix du meilleur réalisateur.
Bravo à lui, il gagne un stage de formation de tri organique, dirigé par Patrick Bateman, qui vote écolo depuis longtemps, comme chacun sait.
Après la projo, on va boire des coups à l’happy hour organisé par le 48h film project, du côté du short film corner.
C’est très sympa. On y croise des réalisateurs venus d’un peu partout dans le monde, et quelques producteurs très courtisés. On a pas mal discuté avec mon pote Nicolas Christian Messi, cousin de Paul White avec qui j'avais tourné "split-screen", et réalisateur à suivre, en train d'écrire son premier long métrage.
Nicolas était venu accompagné de son acteur fétiche (tiens, tiens) prénommé Zuriel, et qui ressemble étrangement à Benoît Magimel.
J'en profite pour vous inviter à zieuter les courts de Nicolas et Zuriel, par ici.
En sortant à l’air libre (le short Film Corner est au sous-sol du palais des festivals), nous nous faisons interpeller par des hordes de types avec des pancartes à la main, qui cherchent tous
des invitations pour la projection de « Zodiac », le dernier David Fincher.
Il règne à Cannes une sorte d’effervescence bizarre, sorte de curiosité collective qui pousse chacun à faire comme son voisin (c.à.d. s’approcher au maximum des marches) sans savoir qui il va y voir. Des types grimpent sur des lampadaires, les photographes frayent un passage à leurs énormes téléobjectifs, des chuchotements s’élèvent dès qu’une limousine se gare devant l’entrée du Palais et qu’un smoking ou une robe de soirée en sort.
On a parfois le sentiment d’être dans une sorte de zoo à ciel ouvert, où le panda s’appellerait George Clooney, la girafe Sophie Marceau et le lion Quentin Tarantino. Et tout le monde veut
absolument voir le panda, la girafe et le lion, c’est assez rigolo au début et un peu fatigant au bout de quelques jours.
Pour ne pas être en reste, Vincent travaille son "star appeal" avec son sourire et son chapeau.
Mais très vite, l'ékolopathe qui sommeille en lui a vite fait de se réveiller.
Pour en revenir à la cohue, l’ironie dans tout ça, c’est qu’à quelques mètres de la marée humaine, de l’autre côté de la rue, j’ai aperçu samedi après midi, à travers les vitres pas très fumées
d’une Renault Velsatis, un cinéaste qui traversait Cannes dans l’indifférence générale.
Je n’ai malheureusement pas eu le temps de dégainer mon appareil photo pour immortaliser Wong Kar Wai, qui venait de passer à 50cm de moi…
Le soir, la ville se transforme en soirée à 2 vitesses : d’un côté, le tout-venant qui bave d’admiration devant le défilé de Porsche, d’Aston Martin, de Bentley et de Ferrari, tout en se demandant comment entrer dans telle ou telle boîte à la mode.
Pour se consoler de s’être fait refouler d’une soirée MK2 donnée en l’honneur de Gus Van Sant, Vincent et moi avons fini la soirée au « Baron », boîte à la mode où la veille, notre ami réalisateur Nicolas Christian Messi avait aperçu Jean-Claude Van Damme.
Mais où étaient passés Pamela Anderson et ses deux seins tous neufs ?
On pourra cependant citer le suprême NTM en ajoutant que malgré tout, "tout n’est pas si facile". Quand on débarque seul, avec le seul appui de sa bonne volonté, faire connaître son film à
Cannes relève du parcours du combattant. La concurrence est rude, les acheteurs potentiels sont constamment sollicités, le moral des jeunes réals venus avec leur film sous le bras avait vite
fait de descendre au fond des chaussettes.
Seuls les plus audacieux parvenaient à tirer leur épingle du jeu, tel ce réalisateur d'un court-métrage centré autour d'un super-héros écologiste (décidément), qui déambulait dans les allées du
short film corner déguisé en super-écolo.
En attendant, je pourrai toujours essayer de faire croire que j'ai monté les marches, c'est déjà pas mal...
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Cannes mon gars!
CANNES !
Et bravo pour les prix mérités !
Ayé, on est en plein roman photo, là... l'étape émouvante à Villefranche s/Saône... c'est là d'où je viens... plein de souvenirs qui me reviennent... et puis enfin Cannes et ses paillettes... j'avais presque juste avec mes propositions 2 et 5, presque... en même temps, un stage écolo avec Bateman... faudrait d'abord que refasse mes cartes de visite... ;-))
Tres sympa ton article, bien écrit encore une fois.
C'est marrant on y etait en meme temps a cannes. Je suis arrivé Vendredi au petit jour ( apres une nuit blanche de voiture histoire de gagner du temps ). Et rentré Lundi soir.
J avais la meme accrédit short film corner, on a certainement du se croiser....
J'attend avec impatience un de tes articles sur les films que tu as pu voir (le mickael moore, un vrai bijou, et le coen.... le coen!!!!).
J'aurais bine aimé que l on se voit la bas histoire de faire connaissance. tant pis... l année prochaine ;)
Et merci pour cet article très sympa...
Bonne continuation... A quand la version longue tant attendue d'Ekolopathe ? Si c'est encore d'actualité...
Merci les amis !
Candio, c'est con, on aurait pu effectivement se croiser... Par contre, je n'ai pas vu de films là-bas. J'ai préféré traîner dans le festival et croiser des gens pour cette première fois...
Larose, la version longue d'Ekolopathe devrait arriver d'ici un mois ou deux, c'est toujours d'actualité !
A bientôt ;-)
et le recit des 3j meriterait presque de faire un court metrage aussi :D
Vous avez pas essayer de chouraver la palme d'or pour la vendre sur ebay?
Merci Tonio !
La Palme d'Or, y'a pas moyen, elle est trop bien surveillée. Par contre, on a bien essayé de chourraver un sein de Pamela pour le revendre sur ebay, mais Vincent n'a pas voulu sortir le scalpel.
Il aurait pas su dans quel bac mettre les résidus de silicone...
Pas très écolo le silicone...
Dsl c'était juste pour le dire...